Le Secrétariat d’État aux questions financières internationales SIF vient d’avancer une affirmation lourde de conséquences : dès que les agents d’IA commencent à travailler avec des données financières, l’Open Finance devient incontournable.
Le raisonnement est simple. Si les institutions financières ne proposent pas d’interfaces sécurisées, les clients pourraient tout simplement donner aux systèmes d’IA accès à leurs données financières par des voies moins contrôlées.
Mais les implications vont bien au-delà des API.
Si un agent d’IA peut accéder aux données de plusieurs institutions, analyser l’ensemble de la situation financière d’un client, formuler des recommandations et, à terme, déclencher des actions,
qu’achète réellement le client à une banque ?
- De l’information ?
- De l’analyse ?
- La conservation de ses actifs ?
- L’allocation ?
- L’exécution ?
- La capacité de bilan ?
- La sécurité ?
- La confiance ?
- La responsabilité des décisions ?
Aujourd’hui, les banques réunissent la plupart de ces fonctions dans une même offre. L’Open Finance et l’IA agentique pourraient progressivement les dissocier.
Une partie de la valeur pourrait descendre vers l’infrastructure financière dure : conservation des actifs, capital, liquidité, sécurité et exécution.
Une autre pourrait remonter vers un travail bien plus difficile à banaliser : comprendre les objectifs et les contraintes, arbitrer des choix lourds de conséquences, allouer les ressources et assumer la responsabilité des décisions.
Et cela dépasse le secteur bancaire. C’est aussi une question d’organisation.
À mesure que l’information et les capacités d’analyse deviennent accessibles aux machines, les organisations devront définir beaucoup plus clairement ce que les clients leur font réellement confiance pour fournir, et les décisions qu’ils leur font confiance pour prendre.
Stratégie. Allocation. Sécurité. Exécution. Responsabilité.
L’Open Finance n’est peut-être que la pièce la plus visible. Mais la question plus profonde est celle de la fonction d’une organisation lorsque l’intelligence elle-même devient une infrastructure.