Capital & Financement

Qui peut piloter un financement de CHF 100 millions en Suisse ?

Piloter un financement complexe exige davantage qu’un accès au capital. Il faut pouvoir former un jugement indépendant sur l’entreprise, comprendre sa technologie et son marché, évaluer un risque idiosyncratique, structurer la transaction et porter une exposition significative. Pour la Suisse, la question concerne donc peut-être autant la capacité d’underwriting que la disponibilité du capital.

Observation • Capital & Financement • 23 sept. 2026

Qui peut piloter un financement de CHF 100 millions en Suisse ?

Piloter un financement complexe exige davantage qu’un accès au capital. Il faut pouvoir former un jugement indépendant sur l’entreprise, comprendre sa technologie et son marché, évaluer un risque idiosyncratique, structurer la transaction et porter une exposition significative. Pour la Suisse, la question concerne donc peut-être autant la capacité d’underwriting que la disponibilité du capital.

Visuel sur les marchés de capitaux suisses : qui peut piloter un financement de CHF 100 millions et où se situe la capacité d’underwriting ?

Combien d’institutions en Suisse peuvent piloter un financement de CHF 100 millions pour une entreprise innovante de taille intermédiaire ?

Piloter signifie former un jugement indépendant sur l’entreprise, comprendre son secteur et sa technologie, évaluer un risque idiosyncratique, structurer la transaction et porter une exposition significative.

Cette question dépasse largement le venture capital.

L’étude du SECO de 2025, menée après la disparition de Credit Suisse, n’a constaté aucune pénurie générale de services bancaires. Elle a toutefois relevé des lacunes spécifiques dans les crédits d’entreprise de montants importants, les financements syndiqués et les financements complexes.

Ces lacunes semblent particulièrement concerner les entreprises innovantes de taille intermédiaire actives à l’international : celles qui se situent entre le financement classique des PME et l’accès aux marchés de capitaux dont disposent les grandes multinationales.

La Suisse conserve une expertise financière considérable.

Ce qui mérite examen, c’est l’endroit où cette expertise se trouve, le mandat dont elle dispose, et la question de savoir si des capacités d’underwriting suffisantes restent concentrées dans des institutions capables d’initier des financements productifs complexes à grande échelle.

Gérer le capital et former le capital exigent des capacités différentes.

Une grande place financière a besoin de profondeur dans les deux.