Combien d’institutions en Suisse peuvent piloter un financement de CHF 100 millions pour une entreprise innovante de taille intermédiaire ?
Piloter signifie former un jugement indépendant sur l’entreprise, comprendre son secteur et sa technologie, évaluer un risque idiosyncratique, structurer la transaction et porter une exposition significative.
Cette question dépasse largement le venture capital.
L’étude du SECO de 2025, menée après la disparition de Credit Suisse, n’a constaté aucune pénurie générale de services bancaires. Elle a toutefois relevé des lacunes spécifiques dans les crédits d’entreprise de montants importants, les financements syndiqués et les financements complexes.
Ces lacunes semblent particulièrement concerner les entreprises innovantes de taille intermédiaire actives à l’international : celles qui se situent entre le financement classique des PME et l’accès aux marchés de capitaux dont disposent les grandes multinationales.
La Suisse conserve une expertise financière considérable.
Ce qui mérite examen, c’est l’endroit où cette expertise se trouve, le mandat dont elle dispose, et la question de savoir si des capacités d’underwriting suffisantes restent concentrées dans des institutions capables d’initier des financements productifs complexes à grande échelle.
Gérer le capital et former le capital exigent des capacités différentes.
Une grande place financière a besoin de profondeur dans les deux.