L’endroit où une entreprise lève des capitaux peut influencer où elle trouvera finalement ses propriétaires.
Le Swiss Scale-Up Report 2026 met en évidence une association frappante.
Parmi les scale-ups dont au moins un tiers des investisseurs sont suisses, 49 % envisageraient une acquisition par une entreprise suisse.
Parmi les autres, seules 13 % l’envisageraient.
Une configuration similaire apparaît pour une cotation sur SIX : 33 % contre 13 %.
Cela n’établit pas de lien de causalité. Mais le mécanisme mérite attention.
Les investisseurs apportent davantage que de l’argent. Ils apportent des relations au sein des conseils d’administration, des conseillers, des co-investisseurs, des réseaux pour les financements ultérieurs, un accès aux marchés et des contacts avec des acquéreurs potentiels.
Les tours de financement successifs peuvent ainsi inscrire progressivement une entreprise dans un écosystème de marchés de capitaux.
Le capital étranger est essentiel aux scale-ups suisses. Il permet des tours plus importants, apporte de l’expertise et ouvre des marchés internationaux.
La question stratégique est de savoir si le capital suisse conserve une capacité suffisante pour y participer à ses côtés à mesure que les entreprises grandissent.
Car il peut exister une dépendance de trajectoire importante :
financement → réseaux → gouvernance → possibilités de sortie → actionnariat.
La Suisse est devenue exceptionnellement performante dans la création d’entreprises innovantes.
La question plus profonde est de savoir si ses marchés de capitaux sont tout aussi capables de rester économiquement liés à ces entreprises à mesure qu’elles mûrissent.
C’est, en définitive, pourquoi les mécanismes entre l’épargne suisse et l’innovation suisse comptent.